Réponse détaillée
**Pourquoi vérifier le titre avant tout versement**
Au Maroc, deux régimes de propriété coexistent depuis 1913. Le **titre foncier (TF)**, immatriculé à l'ANCFCC et confirmé par la loi 14-07, est définitif et opposable erga omnes (article 65 du Code des droits réels 39-08). Le **Melk** repose sur un acte adoulaire de notoriété : la propriété y est présumée mais reste contestable. Avant toute acquisition, identifier le régime du bien est la première étape de la due diligence.
**Le document central : le certificat de propriété ANCFCC**
Le certificat de propriété délivré par l'ANCFCC (Agence Nationale de la Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie) est la pièce maîtresse. Règle absolue : il doit dater **de moins de 30 jours** et être retiré à vos propres frais, jamais sur la seule foi du document fourni par le vendeur. Vous pouvez l'obtenir :
- en agence ANCFCC avec le numéro de TF ;
- en ligne via le portail Mohafadati (mohafadati.gov.ma), si le bien est dans un périmètre numérisé ;
- via un notaire ou un avocat mandaté, voie souvent privilégiée pour les MRE.
**Les zones à lire ligne par ligne**
Sur le certificat, contrôlez :
- **l'identité du ou des propriétaires** : concordance avec le vendeur réel, parts indivises, régime matrimonial ;
- **la désignation de l'immeuble** : adresse, superficie, consistance, références cadastrales ;
- **les mutations successives** : des reventes très rapprochées sont un signal d'alerte ;
- **les charges et hypothèques** : créancier, montant, date, rang ;
- **les servitudes et droits réels** inscrits (passage, vue, usufruit), opposables au nouvel acquéreur ;
- **les oppositions et procédures en cours** : tant qu'une opposition n'est pas levée par décision judiciaire, le bien est de fait inaliénable ;
- **les mentions** : zonage, classements, interdictions de construire.
**Les pièges classiques**
Trois écueils reviennent régulièrement : une **hypothèque inscrite** qui doit faire l'objet d'une main-levée par le créancier AVANT la signature de l'acte authentique ; un **écart entre surface déclarée au titre et surface réelle**, mesurable par expertise ; et une **indivision masquée** quand le bien provient d'une succession non réglée (exigez alors l'acte de partage notarié signé par tous les ayants droit).
**Ce que le titre ne dit pas**
Le titre foncier valide la propriété, pas la conformité urbanistique. Vérifiez en complément le **permis de construire**, le **certificat de conformité** et la zone du **plan d'aménagement**. Demandez aussi les quitus fiscaux (taxe d'habitation, taxe de services communaux, TNB le cas échéant), car les arriérés peuvent vous être opposables en tant que nouvel occupant (responsabilité solidaire, article 156 du CGI).
**Notaire et expert : deux rôles complémentaires**
Le notaire vérifie la légalité juridique de la mutation (titre, identité, charges, fiscalité). Il ne contrôle ni la valeur réelle, ni la conformité urbanistique pratique, ni les vices physiques. Rappel utile : une expertise privée n'est pas « recevable » devant un tribunal — en cas de litige, c'est le juge qui désigne l'expert. En revanche, en amont d'un achat, des **experts certifiés RICS** mesurent le bien, croisent titre, cadastre et urbanisme, et contrôlent l'écart entre valeur et prix.
**Sécuriser votre acquisition**
Avant de signer un compromis, faites réaliser une due diligence complète : titre, valeur et conformité, dans un **rapport conforme RICS**. ReaConsult intervient pour vérifier votre dossier avant signature, à partir de **3 500 MAD HT**. [Découvrez notre expertise immobilière RICS](/expertise-immobiliere) ou [demandez un devis](/contactez-votre-expert-immobilier-au-maroc).