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Conciliation préalable en copropriété (loi 30-24, art. 13) : ce que prévoit un texte adopté mais non promulgué

La loi 30-24, qui modifie la loi 18-00 et a été adoptée à l'unanimité le 9 juillet 2024, n'a pas été promulguée : elle n'est donc pas en vigueur. Elle prévoit une règle qui changera la pratique de la copropriété une fois publiée : avant toute action en justice, le syndic devra tenter une conciliation. La modification annoncée de l'article 13 viserait les charges impayées, les travaux non autorisés, l'usage abusif des parties communes et les violations du règlement. À ce jour, le régime applicable reste celui de la loi 18-00 telle que modifiée par la loi 106-12. Ce que le texte prévoit pour les syndics, les conseils syndicaux et les copropriétaires — sans embellir une réforme qui reste, sur les modalités, volontairement ouverte.

Deux chaises se faisant face autour d'une table ronde dans une pièce claire — conciliation préalable en copropriété
Une fois promulguée, la loi 30-24 fera de la conciliation un passage attendu avant l'action du syndic. Tant qu'elle ne l'est pas, elle reste une bonne pratique de gestion.

1. Le cadre : deux lois en vigueur, une réforme adoptée mais non promulguée

La copropriété des immeubles bâtis au Maroc repose sur la loi 18-00, texte fondateur. Elle a été modifiée et complétée par la loi 106-12 en 2016. Puis est venue la loi 30-24, qui modifie à nouveau la 18-00 et a été adoptée à l'unanimité le 9 juillet 2024 — mais qui n'a pas été promulguée et n'est donc pas encore en vigueur. C'est ce dernier texte qui nous intéresse ici, et plus précisément la modification qu'il annonce de l'article 13.

Pour resituer l'ensemble de l'édifice et le détail des majorités, des quotes-parts et du rôle des organes, partez de notre guide complet de la loi 18-00. Ici, on se concentre sur une seule chose : l'obligation de tenter une conciliation que la réforme prévoit d'instaurer.

2. Ce que prévoit (vraiment) la modification annoncée de l'article 13

L'apport est simple à énoncer et lourd de conséquences pratiques : une fois promulguée, la loi 30-24 imposera que toute action en justice du syndic soit précédée d'une tentative de conciliation. Tant que le texte n'est pas publié, cette étape n'est pas une condition légale — mais elle reste, dans la vie d'un immeuble, la façon la plus économique de régler un différend.

La conciliation préalable couvrirait, selon le texte adopté, les principaux différends du quotidien d'une copropriété :

  • Les charges impayées — le motif de litige le plus fréquent (voir notre dossier sur la procédure de recouvrement des charges impayées).
  • Les travaux non autorisés réalisés par un copropriétaire.
  • L'usage abusif des parties communes.
  • Les violations du règlement de copropriété.

Point essentiel à ne pas surinterpréter : le texte ne fixe pas de délais ni de modalités détailléesde la conciliation. Il pose le principe, pas la procédure. Méfiez-vous donc de toute source qui vous annoncerait un délai chiffré précis — ou qui présenterait la loi 30-24 comme déjà applicable : sur ce point, la prudence commande de s'en tenir à ce que le texte dit, et de documenter une tentative sérieuse plutôt que de cocher une case formelle.

3. Pourquoi cette réforme, et ce qu'elle changera

L'esprit est clair : privilégier le règlement amiable. Trop de litiges de copropriété — souvent pour des montants modestes — partent directement au contentieux, là où une discussion cadrée aurait suffi. En conditionnant l'action à une tentative de conciliation, le législateur veut imposer une étape de dialogue.

Pour le syndic, le réflexe « impayé → action immédiate » vivra ses derniers mois. Il faudra une séquence: tentative de conciliation tracée, puis — seulement si elle échoue — engagement de la procédure. Pour le copropriétaire débiteur ou en conflit, ce sera une fenêtre supplémentaire pour régulariser. Pour le conseil syndical, ce sera un point de vigilance : vérifier que le syndic a respecté cette étape avant d'engager des frais au nom du syndicat. Rien n'empêche, dès aujourd'hui, d'adopter cette séquence : elle sera de toute façon exigée le jour de la promulgation.

💡 Le réflexe à retenir : documenter, pas improviser

Puisque le texte ne fixe pas les modalités, c'est la traçabilitéqui protégera le syndic. Conservez la preuve de la convocation à la conciliation (par tout moyen légal, voire par huissier), l'objet précis du litige, et un procès-verbal constatant la tentative et son issue (accord, échec, absence du copropriétaire). C'est ce dossier, documenté et vérifiable ligne à ligne, qui vous permettra de démontrer votre bonne foi et d'avancer si la conciliation échoue. À l'inverse, une démarche orale et non tracée ne laisse aucune trace exploitable — et fait perdre des mois.

4. Conciliation préalable et recouvrement des charges : l'articulation

C'est là que la pratique se joue. Le recouvrement des charges s'appuie sur des garanties solides issues de la 18-00 et de la 106-12 — celles qui s'appliquent aujourd'hui — que la loi 30-24 ne supprimera pas :

Ce que la 30-24 changera, c'est l'ordre des opérations : la créance et ses garanties existeront toujours, mais leur mise en œuvre passera par la case conciliation. Concrètement, le syndic confronté à un impayé aura intérêt à intégrer cette étape dans sa séquence dès maintenant, pour ne pas avoir à revoir ses habitudes du jour au lendemain.

5. La conciliation dans l'écosystème de la réforme 30-24

La conciliation préalable ne vit pas seule : la loi 30-24 prévoit de renforcer, en parallèle, la place des copropriétaires et la transparence de la vie du syndicat. Deux apports du texte adopté méritent d'être connus, car ils irriguent la même logique de dialogue avant conflit :

  • La convocation de l'assemblée générale par un ou plusieurs copropriétaires, par tout moyen légal ou par huissier, avec un préavis de 15 jours mentionnant date, heure, lieu et ordre du jour. Une fois le texte promulgué, les copropriétaires ne dépendront plus entièrement de l'initiative du syndic pour faire trancher une question en AG.
  • La notification des décisions d'AG sous 8 jours, accompagnée de la remise des procès-verbaux — détaillée dans notre article sur la notification des décisions d'AG sous 8 jours (loi 30-24).

La cohérence d'ensemble est nette : donner plus de leviers aux copropriétaires en amont (convoquer, être informé) et imposer un sas de dialogue en aval (conciliation) avant que le syndicat n'engage une procédure. Ces trois apports partageront le même sort : ils entreront en vigueur ensemble, le jour de la promulgation.

6. Et si la conciliation n'aboutit pas ? Ce qui reste à l'immeuble

La conciliation est une tentative, pas une obligation de résultat. Si elle échoue — accord refusé, copropriétaire absent, position inconciliable —, la voie contentieuse se rouvre, dossier de conciliation à l'appui. Les outils de la 18-00 et de la 106-12 restent mobilisables, notamment l'administrateur provisoire (loi 106-12)lorsque la gestion de l'immeuble est bloquée.

Important : ces démarches relèvent de la procédure judiciaire, un terrain qui a ses propres règles et où l'expert est désigné par la juridiction saisie. Une note technique ou une évaluation privée commandée par le syndicat sert à cadrer le dossier, chiffrer un préjudice ou objectiver une situation en amont : elle est documentée et vérifiable ligne à ligne, et c'est à ce titre qu'elle fait avancer une discussion entre copropriétaires. La distinction est exactement la même qu'en matière de recours contre un syndic.

7. L'expertise au service de la conciliation : objectiver pour s'entendre

Une conciliation réussie repose souvent sur des faits chiffrés et neutres que les deux parties peuvent accepter. C'est précisément là qu'une expertise immobilière au Maroc indépendante apporte de la valeur, dans deux cas typiques :

  • Travaux non autorisés ou dégâts sur parties communes : chiffrer le coût de remise en état ou la moins-value sur un rapport documenté, pour transformer un désaccord d'appréciation en montant discutable autour de la table.
  • Usage abusif ou jouissance d'une partie commune : objectiver l'ampleur et l'impact, plutôt que d'opposer deux ressentis.

Un rapport d'expertise indépendant conforme aux standards RICS — état constaté, surfaces vérifiées, méthodologie explicite, comparables documentés — donne à la conciliation une base factuelle, documentée et vérifiable ligne à ligne, que peu de parties contestent de bonne foi. Réalisé par des experts certifiés RICS, il est livré sous 5 à 8 jours (48-72 h en express), à partir de 3 500 MAD HT, devis ferme sous 24 h. À ce stade amiable, l'objectif est simple : donner aux parties de quoi décider et négocier.

8. FAQ

La conciliation préalable est-elle déjà obligatoire ?

Non. La loi 30-24 a été adoptée le 9 juillet 2024 mais n'a pas été promulguée : elle n'est pas en vigueur. À ce jour, le régime applicable reste celui de la loi 18-00 telle que modifiée par la loi 106-12. Une fois promulguée, la loi 30-24 imposera une tentative de conciliation avant l'action du syndic. En attendant, la conciliation reste une bonne pratique de gestion, pas une obligation légale.

Quels différends seraient concernés par la conciliation préalable ?

Le texte adopté vise la tentative de conciliation avant l'action en justice du syndic, en citant notamment les charges impayées, les travaux non autorisés, l'usage abusif des parties communes et les violations du règlement. Le texte ne détaille pas chaque cas : en pratique, intégrez la conciliation par défaut et confirmez avec un avocat ou un syndic professionnel pour votre situation précise.

Quelle preuve de conciliation faudra-t-il conserver ?

Comme le texte ne fixe pas les modalités, conservez tout ce qui établit une tentative sérieuse et tracée : convocation à la conciliation (par tout moyen légal ou par huissier), objet du litige, et procès-verbal constatant la tentative et son issue. C'est ce dossier, documenté et vérifiable ligne à ligne, qui vous permettra de démontrer la démarche si la conciliation échoue.

La loi 30-24 supprimerait-elle le privilège du syndicat ou l'hypothèque forcée ?

Non. Le privilège du syndicat, l'hypothèque forcée et la prescription de 5 ans pour les charges, issus de la loi 18-00 et de la réforme 106-12, demeurent — et ce sont eux qui s'appliquent aujourd'hui. Une fois promulguée, la loi 30-24 ajoutera une étape de dialogue en amont ; elle ne supprimera pas les garanties de recouvrement.

Une expertise est-elle obligatoire pour mener la conciliation ?

Non, aucun texte ne l'impose. Mais lorsque le litige porte sur un montant ou un préjudice (travaux, dégâts, usage abusif), un rapport d'expertise indépendant objective la discussion et facilite l'accord amiable. Il s'agit d'un outil de négociation, documenté et vérifiable ligne à ligne : en procédure judiciaire, l'expert est désigné par la juridiction saisie. Rapport sous 5 à 8 jours, à partir de 3 500 MAD HT, devis sous 24 h.

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Note : La conciliation préalable résulterait de la modification de l'article 13 de la loi 18-00 par la loi 30-24, adoptée à l'unanimité le 9 juillet 2024 et en attente de promulgation : à ce jour, le régime applicable reste celui de la loi 18-00 telle que modifiée par la loi 106-12. Le texte pose le principe mais ne fixe pas de délais ni de modalités détaillées : pour la mise en œuvre concrète d'une tentative de conciliation ou d'une action, rapprochez-vous d'un avocat ou d'un syndic professionnel. Une expertise privée sert à objectiver un litige en vue d'une négociation amiable ; en procédure judiciaire, l'expert est désigné par la juridiction saisie. Pour documenter la valeur ou un préjudice, consultez notre page expertise immobilière ou le dossier Copropriété.

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